Perpective du marché du management de transition en 2020

Quelles perspectives pour le marché du Management de Transition pour 2020 ?

Avec 22% de progression du marché en 2018 (1), le marché français du Management de Transition est en forme. Le secteur global du conseil n’a progressé « que » de 12% pendant la même période (2). Cette évolution s’inscrit dans les prévisions du Groupe Xerfi pour les secteurs du MdT et du portage.

Source Inside Management – lien vers l’article

Source Syntec Conseil.

Etude Xerfi sur les prestataires RH à l’horizon 2021 – lien vers l’étude

La progression du marché

Les cabinets de conseil RH et les grands cabinets RH internationaux sont les principaux nouveaux entrants sur les 3 dernières années.

4 acteurs ont disparu en 2019 (2 pure players et 2 cabinets de conseil RH), et d’après une étude européenne privée 3 entreprises françaises du secteur seraient en danger, 8 feraient des pertes. Précisons que le dossier ne porte que sur 48 entreprises, soit 40% du marché – lien vers l’étude

Les offres en Management de Transition des grands cabinets internationaux sont beaucoup plus consistantes que lors des tentatives précédentes (maillage géographique, niveau des cellules dédiées, communication spécifique).

20% des prestataires publient leurs comptes, un taux particulièrement faible. La plupart des cabinets leader publient leurs résultats, démontrant ainsi leur cohérence avec la communication affichée.

Perspectives 2020 : poursuite de la forte croissance, mais plus modérée qu’en 2019.

La taille critique est une chimère

On peut d’ores et déjà observer 2 stratégies différentes : D’une part la recherche d’une certaine taille critique en tant que prestataire spécialisé (pure player). D’autre part l’élargissement de l’offre vers les services connexes (Recrutement, conseil RH, outplacement).

Contrairement à une idée reçue, le modèle économique actuel des pure players ne possède aucune taille critique. La plupart des entreprises fonctionnent sur un modèle à coûts variables ultra majoritaires. Il existe certes des paliers de coûts fixes directement liés au volume d’activité, mais ils restent globalement proportionnels au CA.

Comme dans la plupart des secteurs économiques, le concept de taille critique n’est pas une évolution inéluctable. Cela peut même révéler une absence totale de stratégie. Le Management de Transition n’est pas menacé d’uberisation dans sa globalité, seule une part de son activité sera impactée.

3 cabinets dépassent aujourd’hui le seuil des 20 M€ de CA (sur environ 120 intervenants). Il convient de rajouter au moins un grand cabinet RH international. Le marché est caractérisé par un petit CA moyen des prestataires, sans évolution notable depuis 3 ans.

Perspectives 2020 : Acquisitions et fusions dans l’un des 2 axes stratégiques cités.

Les plateformes de mise en relation

Les plateformes digitales progressent en nombre (+5 en 3 ans), mais peinent encore à trouver leur voie. Elles auront certainement un rôle important à jouer dans le développement du Management de Transition, sur certains segments du marché relevant d’expertises bien spécifiques.

Les plateformes traditionnelles ont tendance à disparaître. Sans valeur ajoutée pour le client, elles exploitent l’engouement pour le Management de Transition. Mais ceci au prix d’un investissement massif dans la communication et dans un maillage géographique utopiste.

Perspectives 2020 : celle des plateformes digitales dépendra des résultats des éclaireurs. Les plateformes traditionnelles devront revoir leur modèle.

Communication et digitalisation

Le Management de Transition est visible dans quelques médias professionnels, le plus souvent sans aucune valeur ajoutée journalistique. Les signataires reprennent mot pour mot la communication « officielle », largement obsolète.

La communication et le référencement sont deux outils fondamentaux dans notre secteur en croissance soutenue. La course au référencement pousse néanmoins les prétendants à privilégier la quantité à la qualité. La plupart des publications sur les RSP ont un objectif unique de représentation digitale. La forme standard des articles, imposée par les outils SEO / SEA, entraine une uniformisation rédactionnelle indigente.

Curieusement les meilleurs prestataires français en Management de Transition ne font pas la course au volume. Mieux comprendre l’algorythme de Google et sa finalité permettrait d’éviter les contenus « poubelle ».

Perspectives 2020 : rien ne laisse présager une transformation positive de la communication du secteur.

Les indépendants : la Face Cachée de la Force

Le nombre de managers indépendants est difficile à appréhender. Intuitivement nous pensons qu’ils représentent la 2ème force d’intervention en Management de Transition. Les pure players et les grands cabinets internationaux restant les leaders du marché.

Les indépendants les plus actifs multiplient leurs sources de référencement : prestataires pure players, grands cabinets RH, associations, plateformes, page web personnelle, Linked’In, etc. Sur des fonctions courantes du CODIR ils sont très sollicités et fonctionnent quasiment à plein temps.

Les associations et les réseaux de Managers de Transition sont visibles et semblent actifs, sans qu’il soit possible de déterminer leur part de marché. La plupart sont des lieux de rencontre très utiles, pour réseauter ou pour obtenir des conseils de 1ère mission. La plus grosse association de managers annonce un taux d’occupation de 70% de ses membres en décembre 2019.

Malheureusement certaines organisations diffusent des informations toxiques, par exemple sur les honoraires. Les prosélytes se présentent ensuite avec des exigences qui dépassent, et de loin, leur valeur marchande réelle ou la facturation possible auprès des clients.

Perspective 2020 : Une pénurie de ressources sur certaines fonctions, comme en 2019.

Le portage salarial

C’est très clairement le support préféré du Management de Transition, intervenant(e)s et cabinets compris. Le portage est lui aussi en croissance, mais il possède une maturité dont rêve le Management de Transition : pratiques encadrées, instance représentative, maillage national, hiérarchie des tarifs : les vilains petits canards se font rares.

Pour comprendre le fonctionnement du portage salarial : lire l’article.

Perspective 2020 : La digitalisation, une potentielle menace pour les sociétés de portage.

Instance représentative

La France ne possède toujours aucune instance représentative officielle du Management de Transition. Les associations qui revendiquent le titre de fédération ont une influence de plus en plus marginale. Cette carence est partiellement compensée par des relations cordiales entre les principaux acteurs du marché.

Une fédéreration des principales entreprises du secteur pourrait initier des actions très attendues par l’ensemble des parties : Des processus et un label sécurisant pour nos clients ; Un contrat social mieux adapté pour les intervenant(e)s ; Des analyses sectorielles pertinentes et des outils de montée en gamme pour les cabinets prestataires.

Perspectives 2020 : Sans véritable instance représentative, le Management de Transition restera inaudible au niveau politique national.

L’international

A de très rares exceptions près, les revendications internationales des cabinets français sont à considérer avec prudence. Les véritables cabinets internationaux, qui publient des comptes pouvant le démontrer, se comptent sur les doigts d’une main. Si l’international était l’avenir de notre métier, nombre de cabinets anglais ou allemand seraient déjà omniprésents en France. Ce poncif de l’international inéluctable rejoint celui de la taille critique.

Il en est de même pour le marché français : aucun des 3 ou 4 cabinets qui se déclarent leader n’est réellement leader en Management de Transition.

Perspectives 2020 : L’internationalisation ne présente encore aujourd’hui aucun intérêt. Sauf par anticipation de long terme, et pour une très faible part de marché.

Pour conclure

Le Management de Transition confirme son développement soutenu, dans une conjoncture à double tranchant. La réindustrialisation en France métropolitaine et le quasi plein emploi des cadres depuis 2019 provoquent des tensions sur certaines fonctions clés.

Les signaux forts envoyés par le marché dépassent largement le cadre de la digitalisation et la taille des intervenants. Notre approche actuelle du marché par type d’intervenant sera probablement obsolète dans les prochaines années. C’est bien là tout l’enjeu d’une véritable stratégie.

Source: Inside Management.